Jeudi dernier, sur France 2, l'émission Envoyé Spécial a présenté un reportage remarquable sur le sort qui était réservé aux églises de France. Dire simplement que les églises sont en péril et que leur restauration est onéreuse n'eût apporté rien de neuf ni d'intéressant au téléspectateur. Les journalistes en charge de cette chronique ont alors focalisé leur attention sur le sentiment des maires et des habitants de ces villages et petits bourgs. Quand les premiers affectaient la tristesse en disant, en substance, ne pouvoir rien faire pour ces édifices, faute de moyens,  et vouloir privilégier la construction d'édifices publics plus utiles à leurs administrés, les autres n'affichaient aucun regret. Le journaliste a alors précisé "dans l'indifférence générale" pour dire la réaction des habitants face à la démolition du clocher de "leur" église.

La déchristianisation de la France aidant, les églises se vident pour ouvrir parfois occasionnellement lors de baptêmes ou de cérémonies funéraires. La désaffectation des églises n'est pas chose nouvelle, et dans l'esprit du commun ce qui n'a plus d'utilité doit être réaffecté à un autre usage ou démoli si le bâtiment menace la sécurité des passants et à condition d'en avoir les moyens. Ainsi songeaient nos ancêtres, ainsi songent encore nos contemporains... Dans bien des communes, l'église est le plus vieil édifice, celui dont on peut dire qu'il est le plus chargé en Histoire. L'historicité du bâtiment et sa valeur patrimoniale est généralement bafouée et méprisée par quelques dédaigneux, indifférents et autres inculte

D'autres encore avancent l'argument pour le moins abject du montant exhorbitant à débourser pour pouvoir engager un plan de sauvegarde. Qu'il me soit permis, ici, de citer encore l'exemple du village de Congis-sur-Thérouanne où, grâce à l'intervention d'une association formidable, une église est en cours de restauration. Cette petite commune de 1755 habitants en 2006, n'aurait jamais pu financer le sauvetage en cours de cet édifice sans l'action énergique et les nombreuses démarches accomplies par son regretté président et son équipe auprès de mécènes et d'instances de pouvoir.

Il est toujours aisé de se donner bonne conscience en trouvant des excuses et des prétextes pour commettre un acte que certains - heureusement - dénoncent...